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moral Déposé le 2016-03-18 12:12:36

J'aimerais pouvoir parler de ce que j'ai vécu pendant l'école primaire et au collège. Mais il subsiste en moi un profond sentiment de honte et de colère, j'ai l'impression d'avoir été extrêmement faible et d'avoir été incapable de répondre aux attaques auxquelles j'ai été victime pendant presque dix ans de mon existence.
Il n'y a pas un jour où je ne cesse de songer à ces insultes, ces humiliations et à ces menaces que j'ai subi lors de mon enfance.

Mes harceleurs m'ont fait perdre toute la confiance et l'estime de soi que je devrais posséder aujourd'hui. Je ne suis pas sans savoir qu'il s'agissait certainement d'individus connaissant des difficultés, qui subissaient peut-être des sévices à leur domicile ou peut-être était-ce simplement des enfants qui se sentaient fragiles et qui ne pouvaient se sentir plus fort qu'après avoir persécuté d'autres enfants, des proies faciles. Mais je me sens incapable de leur accorder mon pardon après tant d'années. Oui, j'ai connu un profond désir de vengeance mais après tout, à quoi bon? J'ai préféré me terrer dans le silence et plonger mon passé dans l'oubli.

J'en ai profondément voulu aux professeurs qui voyaient mais se taisaient ou pis encore qui arboraient un sourire en coin après m'avoir adressé une réplique blessante et qui s'apercevaient que celle-ci avait fait son petit effet auprès de mes camarades de classe; hilares.
J'ose dire que j'en ai également voulu à mes parents à qui j'ai en vain essayé d'exprimer ma souffrance et qui ont minimisé mes paroles en me disant que les enfants voulaient jouer, rire ou que j'étais incapable de m'adapter à autrui. Mais je vous rassure, je ne leur en ai pas voulu très longtemps, je comprend qu'il soit difficile de concevoir que son enfant est quotidiennement sujet à des humiliations. Je m'en suis voulu d'avoir été aussi infecte auprès d'eux étant adolescente, je voulais inconsciemment les rendre coupables de ce qui m'arrivait, alors que ça n'était pas de leur faute, il ne pouvait pas savoir ce que je vivais.

Chaque matin en me rendant à mon ancien établissement scolaire j'avais la boule au ventre, je me demandais quelle serait la nouvelle humiliation que je subirais, j'espérais être ignorée et/ou oubliée. En classe, je me faisais le plus discrète possible et c'était généralement le moment où j'avais le plus de répit. Bien que je n'aimais pas être en cours j'en étais arrivée à savourer ces moments. Au moment de prendre le bus afin de retourner au domicile de mes parents, je me sentais soulagée. En rentrant chez moi, ma mère m'accueillait et était la seule personne à se soucier de mon perpétuel air morose. Mais j'ai fini par rompre tout dialogue auprès d'elle, tant son incompréhension me mettait en furie, (ce qui était injuste de ma part, je vous l'accorde.) Le soir, je ne parvenais pas à trouver le sommeil, je craignais le jour à venir et il m'est maintes fois arrivé de songer à la mort. Mais je sais que ça n'aurait pas été la solution et que j'aurais été incapable d'y remédier.

Aujourd'hui, j'ai certes perdu toute la confiance et l'estime de soi que je devrais avoir, mais je suis parvenue à faire de nombreux efforts afin d'améliorer mes relations avec chaque personne de mon entourage. Je n'ai pas arrêté mes études bien que j'ai longtemps souhaité m'extraire de toute confrontation avec autrui. Cela fait maintenant quelque mois que j'ai enfin oser parler de ce que j'ai vécu étant plus jeune à des personnes de confiance. Et désormais j'aimerais venir en aide aux jeunes victimes de toutes formes d'harcèlement pour qu'ils cessent de se murer dans le silence et afin de leur proposer des solutions à leur problème et ainsi venir également en aide à ces enfants harceleurs qui ont eux aussi besoin d'être suivis.

J'ignore si mon témoignage sera utile à quiconque mais j'encourage vivement chaque personne victime d'harcèlement à s'adresser au corps enseignant, à leurs parents, à leurs proches ou à faire appel aux nombreuses nouvelles associations qui viennent en aide aux enfants dans le besoin.
Ne vous dites jamais que vous êtes coupables de ce qui vous arrive et que vous l'avez mérité. Et ne tombez également jamais dans l'autodestruction.

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